Mère Yvonne-Aimée
de Jésus
(YVONNE BEAUVAIS)
Augustines
Hospitalière de la Miséricorde
de Jésus
Première Supérieure Générale
de la Fédération
(ici
Priez par son intercession)
***
1901 - 1951
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1 - (1901-1922) Yvonne Beauvais naquit le 16 juillet
1901, à Cossé-en-Champagne,
petit bourg de la Mayenne,
d’une famille très honorable.
Orpheline de père à l’âge
de trois ans, elle épanouit
son âme à la lecture de
la vie des Saints que
lui fait sa grand-mère
maternelle à qui on l’a
confiée. Elle manifeste
une très tendre dévotion
envers la Sainte Vierge
et envers son ange gardien,
un grand désir, déjà,
de l’Eucharistie, et une
recherche passionnée de
"son Jésus"
dans les pauvres. Elle
vit, avant la formule,
et dès son jeune âge,
la "petite
voie d’enfance spirituelle”
de Thérèse de Lisieux,
pour qui elle se prend
d’une grande affection.
A l’âge de six ans, elle rejoint sa mère et la suit, à Argentan
et à Toul, dans les divers
pensionnats dont celle-ci
prend la direction, pour
parer au départ des religieuses
enseignantes.
Mais c’est à Paris qu’elle ira faire sa première communion,
à l’âge de neuf ans. Deux
jours après, le 1er janvier
1911, elle écrit de son
sang un “Pacte
d’amour” avec
le “Petit
Jésus”,
en des termes surprenants
pour une enfant de cet
âge, et qui sera, sans
qu’elle s’en doute alors,
le programme de toute
sa vie : "Je
veux sauver beaucoup d’âmes,
et T’aimer plus que tout
le monde. Je te supplie
de me faire devenir Sainte,
une très grande Sainte
- une martyre. Mais je
veux surtout Ta Volonté!
TA PETITE YVONNE".
Ce pacte, elle le résuma allègrement plus tard dans la devise
qu’elle se choisit : Tout
droit au service du Roi
Jésus. Mais
déjà auparavant, et surtout
dès cette date, elle sera
attentive à réprimer les
saillies de son caractère
primesautier, à apprendre
à beaucoup
souffrir en silence.
Car la souffrance allait
être la compagne inséparable
de la "mission"
que Dieu lui préparait.
A quatorze ans, en Angleterre où elle continue ses études,
elle prend l'habitude
de réciter chaque jour
le “Petit
Office de la Sainte Vierge”.
A vingt ans, elle s’inscrit à Paris dans l’Association des
Jeunes Filles de Marie
Immaculée, et met désormais,
toujours dans la plus
grande discrétion, au
service des pauvres, par
des industries variées
que son zèle inventif
imagine, toutes les ressources
de sa riche nature, de
ses talents et de son
amour pour le “Seigneur
Jésus".
Ce n’est que bien plus
tard, à son entrée au
couvent, que l’on aura
connaissance de sa nombreuse
famille de pauvres, quand
aussi l’obéissance l’obligera
à raconter ses expériences
charitables dans la zone
parisienne ou au Mans,
et les circonstances exceptionnelles,
pour ne pas dire miraculeuses,
qui accompagnèrent son
apostolat.
Comment pendant toutes ces années a-t-elle réussi à cacher
ses initiatives et surtout
ses souffrances ?
En 1921, Yvonne a vingt ans : c’est une jeune fille
rayonnante, enjouée, très
artiste, toujours prête
a rendre service, à la
maison ou au dehors, à
l’affût constant des âmes.
Elle met de la joie partout,
dans les salons où on
l’invite et dans la mansarde
de ses amis les pauvres.
Pour elle, “être
joyeuse, c’est être charitable”.
Elle note sa dévotion
: “Je mettrai
un sourire sur mes lèvres,
et saurai l'y fixer en
pensant à Vous, mon Jésus.
Je vous prendrai des âmes
tout en dégustant... une
tasse de thé".
Seul, le Seigneur sait
à quel prix !
2. — (1922-1927) Cependant. la
nature a des limites.
Yvonne tombe malade et,
pour achever sa convalescence,
elle arrive, le 18 mars
1922, par une circonstance
providentielle, dans une
petite clinique que les
Chanoinesses Augustines
Hospitalières tiennent
à Malestroit, petite ville
dans un coin ignoré du
Morbihan. Le monastère
lui-même est, certes,
à cette époque, l’un des
plus humbles de l’Ordre.
Mais c’est que, le 5 juillet
suivant, se produit pour
la jeune fille la « révélation »
qui fixe son avenir et
sa « mission ».
A partir de ce jour, en effet, et jusqu’à sa mort, Yvonne,
devenue, même avant son
entrée dans ce couvent
comme religieuse, Yvonne-Aimée de Jésus, sera l’objet de grâces sensibles extraordinaires
et de non moins extraordinaires
persécutions du démon.
Une vie de réparation
pour les pécheurs, pour les âmes du purgatoire, et pour les
sacrilèges commis envers
l’Eucharistie, ira se
précisant de plus en plus,
à tel point qu’elle ne
passera plus, dès lors,
une seule de ses journées
ni très souvent de ses
nuits, sans être l’objet
des exigences de l’Amour
Rédempteur. Elle n’est
toujours aux yeux du monde
que la jeune fille délicieuse,
souriante, dévouée, mais
sa prière intime est maintenant :
“Ô Jésus, je
me livre pleinement à
vos mystérieuses opérations
dans mon âme ».
Elle inaugure, pour toute sa vie, une Heure Sainte douloureuse,
chaque jeudi de 23 heures
à minuit. Elle est obligée
d’avouer : “Je
dis toujours oui aux Bon
Jésus“.
Cet acquiescement total
exige d’elle un héroïsme
quotidien dans la souffrance
du corps et de l’âme.
Rien de ce qui lui est
demandé ne la rebute :
“Si Dieu commande,
que puis-je faire qu’obéir ?
S’il me dit d’aller déraciner
la montagne, je me lèverai
dès le matin, j’irai assiéger
le pied du géant, et si
le pic et la
bêche me manquent, armée
de mes seules mains, j’irai
encore !.. »
Mais déjà, peu après ce 5 juillet, elle se rend compte qu’elle
n’a pas le droit de porter
seule son secret ;
elle s’en remet alors,
toute simple, à ses directeurs,
et aux exigences parfois
très pénibles de ceux
qui sont officiellement
chargés de contrôler son
étonnante vocation. Elle
sera ainsi, jusqu’à la
fin, toujours soumise
aux décisions des autorités
ecclésiastiques.
C’est de cette époque que date son oraison jaculatoire “Ô
Jésus, Roi d’Amour, j’ai
confiance en Votre Miséricordieuse
Bonté“. Cette
prière devint la source
de nombreuses grâces spirituelles
et temporelles pour les
personnes qui l’adoptèrent.
Par la suite, elle fut
enrichie d’indulgences
par les Souverains Pontifes
Pie XI, Pie XII et Jean
XXIII, pour tout l’Ordre
et les hospitalisés, et
par des Evêques, pour
leur diocèse respectif.
En septembre 1922, sa convalescence achevée, Yvonne devra
quitter, pour y revenir
de temps en temps, son
« cher
couvent »,
comme elle l’appelle déjà,
et retourner à Paris ou
au Mans, au gré des volontés
de sa mère qui ignore
encore tout de ce qui
s’est passé. Le Seigneur
se fera enfin entendre
très nettement :
Yvonne-Aimée
sera religieuse Augustine
à Malestroit. L’heure
n’a pas encore sonné pour
elle et, jusqu’en 1927,
elle mènera, on devine
avec quelles difficultés
sa vie vouée aux ordres
parfois déconcertants
de son Roi d’Amour, et
sa vie de jeune fille
dans le monde. A part
quelques amies que le
Seigneur choisit, surtout
pour la préserver des
indiscrétions, nul ne
se doute qu’Yvonne Beauvais
est une privilégiée.
*
3. — (1927-1951) Enfin les oppositions à son entrée
en communauté sont providentiellement
levées : Yvonne se
présente au postulat de
Malestroit, le 18 mars
1927.
Le 10 septembre, dans la cérémonie de vêture, le prédicateur
(R.P.
Crété
S.].) était
autorisé à jeter une lumière
sur le mystère de la nouvelle
novice :
« Epreuves
et joies, souffrances
et tentations, les anges,
les hommes et les démons,
tout a été mis en oeuvre
pour porter les coups
et donner les caresses
qui devaient rendre la
petite fiancée moins indigne
du Seigneur Jésus.
Mais, fin novembre, elle tombe si gravement malade qu’on
juge nécessaire de lui
donner l’extrême-onction
et de lui faire prononcer
ses voeux in
articulo
mortis.
Toute la communauté, l’aumônier,
son directeur, le supérieur
ecclésiastique entourent
son lit d’agonie et seront
les témoins d’un miracle.
La mourante devant eux
reprend soudain
vie et, dans un soupir,
on peut saisir ses paroles
“Ton Amour
sera mon ciel sur la terre”.
Et elle regagnait, une
demi-heure après, sa place
au chœur ! On va
voir celle que le Seigneur
lui réservait dans sa
communauté et dans l’Ordre
des Chanoinesses.
Le 21 décembre de la même année, l’Evêque de Vannes, dont
dépend le monastère, autorise
les supérieures à confier
à la novice, un mois après
son acquiescement à la
Volonté divine, la construction
à Malestroit d’une grande
clinique moderne pour
laquelle un bienfaiteur
inespéré assurait la première
mise de fonds.
Elle y prendra ensuite la direction pénible de la cuisine,
tout en travaillant, comme
secrétaire, à la préparation
du second Chapitre général
de l’Ordre, en vue de
la révision des Constitutions
que sa supérieure ira
avec elle, au nom de tous
les monastères, faire
approuver à Rome.
Entre-temps, le petit couvent de Malestroit devenait un monastère
florissant : les
sujets y affluent, et
sœur Yvonne-Aimée
de Jésus se voit confier
leur formation pour leur
inculquer, dans l’esprit
de l’Ordre, son propre
esprit d’abandon joyeux,
simple, confiant et total
à la volonté du « Seigneur
Jésus ».
Qui pourrait résister
à l’attirance de la jeune
Maîtresse des novices,
qui, au surplus, a le
don de lire dans les cœurs !
A 34 ans, après 7 ans de vœux, elle est élue Supérieure de
la Communauté, puis en
1939, Présidente, et,
après la guerre, Supérieure
Générale de la Fédération
de tous les monastères
de l’Ordre, dont elle
avait rédigé et présenté
à l’approbation de Rome,
les statuts.
Malestroit, ce Nazareth de l’Ordre, en devient désormais
le centre rayonnant ;
Mère Yvonne-Aimée
s’y montre « une
maîtresse-femme,
à la ressemblance des
grandes fondatrices, supérieurement
douée par sa mission ».
On a peine à la suivre
dans son activité débordante
où rayonnent la force
et la bonté ; mais
celle-ci n’est que l’aspect
visible de sa vocation,
ou plutôt l’un et l’autre
s’entremêlent, l’aspect
mystérieux n’ayant plus
comme témoin qu’un cercle
restreint de son entourage
et le contrôle de ses
directeurs. C’est toujours
la même voie douloureuse
pour le rachat des âmes,
parmi les éclairs des
prédilections divines.
La guerre de 1940 lui est une occasion de mettre en oeuvre
tous ses dons. La reconnaissance
officielle des hommes
ne lui manqua pas ;
mais la religieuse n’avait
voulu que mettre au service
de l’universelle charité
son courage et sa confiance
en Dieu.
L’heure de la seule véritable récompense allait bientôt sonner
pour celle qui n’avait
consenti, en décembre
1927, à en voir retarder
l’échéance.
Malgré son pauvre corps douloureux, sillonné de cicatrices
et brûlé de fièvres constantes,
elle formait le projet,
au début de 1951, d’aller
visiter ses filles au
Natal ; mais, le
3 février, à la veille
de son départ, elle rendait
sa belle âme à Dieu, à
l’âge de 49 ans.
Depuis, ceux et celles qui l’ont approchée continuent à sentir
sa présence ; et
les personnes qui 1’invoquent
sont unanimes à reconnaître
l’efficacité de son Intervention
auprès de « son
Roi d’Amour » dont
elle avait, sur terre,
accompli, avec une fidélité
inébranlable, les moindres
ordres de la Volonté rédemptrice,
et accepté d’être la collaboratrice
et la messagère de la
Miséricordieuse Bonté.
*
PRIÈRE
Ô JÉSUS, Roi d’Amour, qui avez inspiré à Votre Servante Yvonne-Aimée
une participation généreuse
à Votre Tendresse infinie
pour les âmes, une ardente
dévotion envers la Sainte
Eucharistie, une fidélité
inébranlable à Votre Service,
daignez, nous Vous en
supplions, glorifier en
elle tous Vos dons, en
nous accordant par son
intercession la grâce
que nous implorons avec
confiance de Votre Divine
et Miséricordieuse Bonté.
Ô VOUS qui vivez et régnez avec Dieu le Père en l’unité du Saint-Esprit dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.
Ô Jésus, Roi d’Amour, j’ai confiance en Votre
Miséricordieuse
Bonté.
IMPRIMATUR
Monseigneur
LE BELLEC
Eugène
Joseph Marie
Evêque de Vannes
2 août 1954
Les personnes qui recevraient des grâces attribuées à Mère
Yvonne-Aimée
de Jésus sont invitées
à les faire connaître
à la Communauté des Augustines
- 56140 Malestroit – France