02 Monastère des Augustines de Malestroit, communauté des soeurs chanoinesses hospitalières au service des pauvres et malades à 01 Monastère des Augustines de Malestroit, communauté des soeurs chanoinesses hospitalières au service des pauvres et malades à 02 Monastère des Augustines de Malestroit, communauté des soeurs chanoinesses hospitalières au service des pauvres et malades à 03 Monastère des Augustines de Malestroit, communauté des soeurs chanoinesses hospitalières au service des pauvres et malades à 04 Monastère des Augustines de Malestroit, communauté des soeurs chanoinesses hospitalières au service des pauvres et malades à 05 Monastère des Augustines de Malestroit, communauté des soeurs chanoinesses hospitalières au service des pauvres et malades à 06 Monastère des Augustines de Malestroit, communauté des soeurs chanoinesses hospitalières au service des pauvres et malades à

Cérémonie de commémoration des 70 ans des combats de St Marcel le 21 Juin 2014

Commémoration 1944-2014


Le 21 Juin 2014

Cette cérémonie de commémoration est un moment de souvenir pour nous qui sommes venus ce matin dans ce petit cimetière de la communauté, à l’ombre de la Clinique, réunis pour honorer la mémoire de Mère Yvonne Aimée. Nous nous rappelons l’action qu’elle a menée au cours de la dernière guerre et plus particulièrement au moment des combats de Saint Marcel en Juin 1944.

Dans cette dure et dangereuse période qui fera d’elle une héroïne, MYA alors Supérieure de la communauté reçoit indistinctement tous les blessés et accueille toute détresse au péril de sa propre vie: soldats ou civils blessés mais aussi résistants traqués, parachutistes recherchés arrivent à la Clinique, y sont soignés, cachés sous de faux noms puis évacués pour échapper à l’arrestation.

Faisant preuve de mesure, de sagesse et de calme, son sang-froid, son autorité naturelle, son ingéniosité déjouent les menaces allemandes. Les occupants impressionnés par sa charité la respectent. « L’attitude de MYA envers les occupants allemands était très digne, très réservée, ne manifestant aucune haine ou hostilité, leur tenant tête quand il le fallait, et de façon ferme, évitant l’occupation de la clinique, cherchant à les écarter de locaux qu’à certains moments ils auraient voulu prendre » dira le Dr Jean Quéinnec, maire de Malestroit, résistant de la première heure et, qui, en sa qualité de chirurgien de la clinique, fut un témoin privilégié.

A la fin du mois de Juin 1944, les arrestations et les perquisitions allemandes se multiplient dans la région. La Clinique surveillée de près par l’occupant, est plusieurs fois visitée. MYA témoignera de cette période :

« Notre danger permanent a été la proximité du camp de Saint-Marcel, qui groupait quelques milliers de maquisards, et ces derniers temps, de nombreux parachutistes français. Vous devinez aisément que notre rôle d’hospitalières avait de quoi s’exercer, et,(…) nous ne pouvions soigner ces blessés français et alliés sans attirer sur nous les « foudres » allemandes. (…) La gestapo nous surveillait et nous eûmes à subir des perquisitions et bien des émotions. »

« Un jour nous reçûmes un arrivage de blessés français, (…) la Gestapo, prévenue deux heures après, cerna la maison et fit une perquisition en règle ; des soldats armés, à tous les étages, gardaient chaque palier des escaliers, tandis que d’autres visitaient toutes les chambres, inspectant même les berceaux !… Cela dura deux heures. Ce n’était pas commode de cacher dix hommes suspects. Ils le furent cependant.»

MYA ne fut pas seule; Mère Marie Anne, Sr Marie de Trinité furent aussi décorées après la guerre. J’ai envie de dire qu’à travers elles il nous est aussi donné ce matin de faire mémoire de toutes ces femmes qui entrèrent en résistance, non pas armée mais une résistance sans arme, une résistance « domestique ». Certaines s’engagèrent dans les réseaux, il leur fut confié des missions d’agents de liaison, de « boites aux lettres », mais pour la plupart ce furent des femmes qui, dans leur vie ordinaire, prirent des risques pour recueillir, soigner, cacher, ravitailler.

Merci aux municipalités de Malestroit et de Saint Marcel qui, par cette cérémonie, ont tenu à honorer la mémoire de MYA, grande figure de notre Ordre et de notre pays et aussi, à travers elle, à saluer l’action de beaucoup de femmes qui ont apporté par leur courage et leur abnégation, réconfort, assistance et humanité pendant la dernière guerre.

                                                           Sr Marie Paul  - Prieure