Biographie de St Augustin
- Saint AUGUSTIN
(354 – 430)
A consulter :
Augustines vie canoniale
-
St
Augustin (la règle)
- Confessions
de St Augustin
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Trois dates jalonnent
sa longue existence toute
entière polarisée
par l’amour :
°
Celle de sa naissance
: le 13 Novembre 354
il entre dans ce monde
à Thagaste (aujourd'hui
Souk-Ahras aux confins
de l'Algérie
et de la Tunisie) au
cœur de l'Afrique
romaine;
° Celle de son Baptême
en 387. A 33 ans, il
reçoit «
l’illumination
de l’Esprit d’amour.
»
° Celle de ses ordinations
en 391 comme prêtre,
en 395 comme évêque
à Hippone charge
très lourde du
pasteur sacrifiant sa
vie pour ceux qu’il
doit aimer.
Augustin est un Nord
Africain. On ne peut
guère en dire
plus étant donné
le brassage de races
qui régnait alors
dans la contrée
: Berbère, phénicienne,
romaine…Or chacune
de ces races avait des
caractéristiques
très tranchées
:
- richesse
d’imagination,
sensibilité très
vive, chez les Romains.
- une certaine obstination
et un tempérament
passionné chez
les Berbères…
Tous ces traits semblent
se retrouver chez Augustin
:
- Tendresse
et douceur naturelle,
- amour de la paix,
- personnalité
ardente, caractère
passionné,
- vive ambition,
- esprit brillant, toujours
en éveil.
Savourer, déguster,
tâter, expérimenter,
voilà bien des
traits constants de
la riche personnalité
d’Augustin. Surtout
avant sa conversion.
Tous les sens déployés
comme des antennes pour
capter toutes les vibrations
de cette vie qu’il
aime avec passion !
Beaucoup de passions
traverseront la vie
d’Augustin, mais
peu à peu la
grâce de Dieu
les purifiera. Il les
sublimera au cœur
de celui qui, à
partir de sa conversion,
n’aura plus que
le Christ comme Passion.
L’ENFANCE
Dès ses débuts
Augustin a eu la grâce
de pouvoir satisfaire
au besoin inné
d’être aimé
puis d’aimer.
En son Afrique natale,
la nature et la culture
méditerranéennes
y contribuent largement.
Monique, sa maman surtout.
Elle exerce une grande
influence sur lui. Elle
est présente
aux moments décisifs
de la vie d’Augustin..
Par contre, il ne semble
pas avoir eu d’intimité
avec son père
Patricius. Quand il
en parle, il dit : «
le mari de ma mère.
» Il concède,
pourtant qu’ «
Il était remarquablement
bon, mais très
coléreux ».
Patricius se convertira
juste avant de mourir.
Passons sur la petite
enfance de ce garçon
vif, tricheur autant
que généreux
avec ses vrais copains.
Augustin débute
ses études à
Thagaste, sa ville natale,
puis dans les environs.
Quant à 16 ans
il réussit à
s’affranchir de
la vigilance maternelle
en allant étudier
à Carthage, la
grande ville de l'Afrique
du Nord romaine, il
est en proie au bouillonnement
des sens. Il plonge
avoue-t-il « dans
la chaudière
des amours peccamineuses
» (Confessions
3,1)
«
J’aimais à
aimer mais je n’aimais
pas encore. Je cherchais
quel objet donner à
mon amour. J’en
viens à me ruer
dans l’amour où
je désirais me
faire capturer…
Et je fus aimé
– Certes ! mais
un besoin plus secret
me faisait me haïr
moi-même –
J’étais
pris dans un réseau
de misères :
jalousie, soupçon,
crainte, querelles,
colères…
»
Au fond de cet abîme,
il ressent le harcèlement
de l’amour miséricordieux
de Celui qu’il
ne connaît pas
encore :
«
De combien de fiel tu
as accompagné
ce genre de délices
sensuels. »
LE JEUNE HOMME
Un signe de Dieu, sur
cette voie est décisif
: la fille dont il s’éprend
sincèrement à
Carthage et qui par
la qualité de
son amour, le fait émerger
du bourbier du vice.
Elle lui donne un fils,
qu’ils appelent
symboliquement «
Don de Dieu »
(Adéodat).
«
Elle fut pour moi, affirme
Augustin, l’unique,
de toute façon,
et je lui restais fidèle.
» (Confessions
4,10)
Pendant quatorze ans,
ils vivent une vie de
foyer exemplaire, en
dépit des problèmes
professionnels et des
difficultés financières
d’Augustin. Devenu
rhéteur à
Carthage, Augustin lit
Cicéron qui l'
enthousiasme. Dès
lors,bdéstabilisé,
il est pris entre son
amour de la Sagesse
et ses passions de jeune
homme ardent et ambitieux.
Après avoir découvert
la sagesse antique,
il se laisse séduire
par la doctrine des
manichéens, où
l'origine du bien et
du mal est expliquée
par deux principes contraires,
et où l'on parvient
au Christ par la connaissance
(gnose). Augustin fréquente
cette secte pendant
9 ans qu’il finit
par quitter déçu
et insatisfait.
LA CONVERSION
A 29 ans, lassé
par les chambards des
étudiants, Augustin
s'embarque pour l'Italie
pour y faire carrière,
comme d'autres aujourd'hui
gagnent les prestigieuses
universités ou
les centres de recherche.
Il emmène Adéodat
avec lui et se résigne
à quitter celle
qui était sa
compagne depuis 16 ans.
A Rome, puis à
Milan, il poursuit carrière
d'enseignant philosophe
et compte parmi les
plus brillants lettrés
de son temps; il pense
aussi à devenir
sénateur. Jeune
ambitieux, il court
après les honneurs,
la richesse. Monique
l'ayant rejoint à
Milan, s'ingénie
quant à elle
à lui trouver
une riche héritière.
Alors que son premier
contact avec Bible l'avait
déçu,
Augustin fréquente
à Milan des cercles
néoplatoniciens
chrétiens et
entre en contact avec
l'évêque
du lieu: St Ambroise,
pasteur hors du commun,
excellent orateur, à
la vie spirituelle intense,
à la croisée
de l'Orient et de l'Occident
chrétien. Le
cœur d'Augustin
ouvert à l'élégance
du discours en recueillit
progressivement aussi
la vérité.
Il poursuit alors sa
quête de la vérité
« en revenant
à lui-même
» et en méditant
les Ecritures. Sa recherche
est soutenue par la
rencontre de chrétiens
de Milan et par l'amitié.
Sa démarche spirituelle
s'inscrit désormais
dans le catéchuménat.
LE BAPTEME (387)
Son cheminement vers
le baptême engage
Augustin dans une vie
nouvelle. Avec sa famille
(Monique, Adéodat)
et deux jeunes disciples
il fait retraite dans
une villa à Milan
(Cassissiacum). Ils
passent là des
mois paisibles, s'adonnant
à des entretiens
philosophiques, à
des méditations
personnelles, à
des prières,
particulièrement
les Psaumes qui enthousiasmaient
Augustin. Le baptême
d’Augustin et
de son fils Adéodat
âgé de
15 ans est célébré
la nuit pascale d’avril
387 par Ambroise, l’éminent
évêque
de Milan. C’est
l’aboutissement
d’une marche longue
et parfois douloureuse.
LE MOINE
De retour en Afrique
du Nord, après
la mort de Monique,
Augustin poursuit cette
recherche de Dieu commun
avec d'autres dans une
maison familiale de
Thagaste. L'idéal
des premières
communautés apostoliques
(Act 4,32) anime ses
fondations communautaires,
où tous ne font
qu'un cœur et une
âme tendus vers
Dieu.
C’est autour de
397 qu’Augustin
rédige la Règle
pour indiquer à
ses frères les
grandes lignes de la
spiritualité
qui doit inspirer leur
vie ensemble.
L’EVEQUE ET
LE PASTEUR
Quatre ans plus tard,
cet amour du Christ
et de ses frères,
lui fait accepter d’être
prêtre dans le
diocèse voisin
d'Hippone. A 42 ans
à peine, on lui
impose le « barda
» de l’épiscopat,
avec tout ce que mot
implique de charge morale
et spirituelle, de soucis,
de fatigue physique.
Evoquons en 2 traits
la manière dont
il assuma sa mission
pastorale.
- Il
reste fidèle
à son intuition
communautaire. Rien
sans la coopération
de la Communauté
dans laquelle il vit
simplement et dont la
règle absolue
est la charité.
- Le souci d’être
au plus près
des gens dont il a la
charge – En s’inspirant
certainement de la pratique
de son grand maître
Ambroise : « Mieux
vaut être bon
en s’attirant
des ennuis – que
d’être inhumain
en quoi que ce soit.
» .
Augustin n'arrête
pas. Son cœur enflammé
aime la vie et désire
passionnément
répondre à
l'invitation du Christ:
"je suis venu pour
que vous ayez la vie
et la vie en plénitude".
Augustin sait que la
vie en plénitude,
c'est la vie en Dieu.
Le repos, l'otium, le
loisir de contempler
Dieu, c'est le but de
la vie, mais les besoins
des hommes de ce temps,
les injustices, les
difficultés à
s'ajuster au projet
de Dieu, motivent son
action apostolique.
Durant 35 ans, Augustin
sera un pasteur infatigable,
préoccupé
de l'unité d'une
Eglise déchirée
par de nombreux schismes.
Il multiplie rencontres
personnelles, conciles,
lettres pour convaincre
ses adversaires et guider
l'Eglise dans le chemin
dune vraie fidélité
au Christ. Son engagement
pastoral va de plus
en plus avec une recherche
intellectuelle et spirituelle
constante, d'où
un nombre impressionnant
d'ouvrages parmi lesquels
des traités fondamentaux:
Les Confessions, La
Trinité, la Cité
de Dieu...
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