Haut
du document
DE
L'AMOUR DE DIEU ET DU
PROCHAIN, DE L'UNION
DES CURS ET DE
LA COMMUNAUTÉ DES BIENS.
1.
Avant tout, mes très-chers
frères, aimez Dieu,
puis le prochain;
car c'est à nous principalement
que sont donnés ces
deux préceptes. Voici
donc ce que nous vous
ordonnons d'observer
dans le monastère
vous êtes établis:
d'abord , et c'est
le motif qui vous
a réunis, c'est que
vous viviez en paix
dans la maison, et
que vous n'ayez qu'un
coeur et qu'une âme
dans le Seigneur.
Ne témoignez jamais
posséder rien en propre;
que tout soit commun
parmi vous. Votre
Supérieur distribuera
à chacun la nourriture
et le vêtement; il
ne donnera pas également
à tous, parce que
tous vous n'avez pas
des forces égales,
mais plutôt à chacun
selon ses besoins.
Voici, en effet, ce
que vous lisez dans
les actes des Apôtres
: « Tout entre eux
était commun, et on
donnait à chacun selon
que chacun avait besoin
(2). »
Ceux
qui possédaient quelque
chose dans le siècle,
lorsqu'ils sont entrés
dans le monastère,
le mettront volontiers
en commun; et ceux
qui n'avaient rien,
ne chercheront point
dans le monastère
ce qu'ils n'ont pu
se procurer même dans
le monde. Cependant
on subviendra à leur
faiblesse, selon le
besoin, encore que
dans le siècle leur
pauvreté ne pût se
pourvoir même du nécessaire;
seulement qu'ils ne
s'estiment pas heureux
de trouver ici la
nourriture et le vêtement,
qu'ils ne pouvaient
trouver ailleurs.
1.
Saint Augustin a adressé
cette règle aux religieux
d'Hippone, comme on
l'a vu dans la lettre
CCXIe (ci-dessus pag.
23.) Etait-elle alors
suivie par les religieux
que dirigeait le grand
évêque? En tout cas
nous avons cru devoir,
comme tous les éditeurs
de saint Augustin,
la donner ici dans
la forme qui s'approprie
aux hommes.
Haut
du document
DE
L'HUMILITÉ.
2.
Qu'ils ne s'élèvent
pas non plus de ce
qu'ils vivent avec
ceux dont ils n'osaient
approcher autrefois;
qu'au contraire ils
portent leur coeur
vers le ciel, sans
chercher ici des biens
terrestres et vains,
de peur que les monastères
ne commencent â être
salutaires aux riches,
s'ils s'y humilient,
et non aux pauvres,
s'ils s'y enflent
d'orgueil. D'un autre
côté, ceux qui paraissaient
être quelque chose
dans le siècle, ne
dédaigneront pas ceux
de leurs frères qui,
du sein de l'indigence,
sont venus en religion;
qu'ils s'attachent
plutôt à se glorifier,
non d'appartenir à
des parents dans l'opulence,
mais d'être admis
dans la société de
frères pauvres. Si
de leurs biens ils
ont donné quelque
chose à la communauté,
qu'ils ne s'élèvent
pas: qu'ils ne s'enorgueillissent
pas plus de leurs
richesses en les donnant
au monastère, qu'ils
ne le feraient s'ils
en jouissaient dans
le monde. Hélas !
tous les autres vices
s'appliquent aux mauvaises
actions pour les produire,
mais l'orgueil (588)
s'attache même aux
bonnes pour les faire
périr; et qu'importe
de distribuer ses
biens aux pauvres
et de se faire pauvre
soi-même, quand l'âme
est assez misérable
pour devenir plus
orgueilleuse en les
méprisant, qu'elle
ne l'était en les
possédant? Vivez donc
tous dans l'union
et la concorde, et
honorez mutuellement
en vous le Dieu qui
vous a faits ses temples.
Haut
du document
DE
LA PRIÈRE ET DE L'OFFICE
DIVIN.
3.
Soyez assidus à la
prière, aux heures
et aux moments prescrits.
Que personne ne fasse
dans l'oratoire que
ce pourquoi il a été
construit et d'où
il tire son nom; afin
que si d'autres avaient
le temps et la volonté
d'y prier, même en
dehors des heures
ordinaires, ils n'en
soient pas empêchés
par ceux qui voudraient
y faire quelque autre
chose. Pendant les
psaumes et les hymnes,
lorsque vous priez
Dieu, que votre coeur
s'occupe de ce que
profère votre bouche
: ne chantez que ce
que vous lisez devoir
être chanté; ce qui
n'est point marqué
pour l'être, ne le
chantez pas.
Haut
du document
DU
JEUNE ET DU REPAS.
4.
Domptez votre chair
par les jeûnes et
l'abstinence du boire
et du manger, autant
que votre santé le
permet. Si quelqu'un
ne peut jeûner, il
ne doit rien prendre,
cependant, entre l'heure
de repas, à moins
qu'il ne soit malade.
Depuis le moment où
vous vous mettez à
table jusqu'à ce que
vous en sortiez, écoutez
sans bruit et sans
dispute ce qu'on vous
lit selon la coutume;
votre corps ne doit
pas seul prendre sa
nourriture, votre
esprit doit aussi
avoir faim de la parole
de Dieu.
Haut
du document
DE
L'INDULGENCE ENVERS
LES INFIRMES.
5.
Si à table, on traite
différemment ceux
qui sont infirmes
par suite d'anciennes
habitudes, que cette
indulgence ne paraisse
ni odieuse ni injuste
à ceux qu'une autre
manière de vivre a
rendus plus robustes.
Qu'ils ne les estiment
pas plus heureux s'ils
prennent ce qu'eux-mêmes
ne prennent pas; qu'ils
se félicitent plutôt
de pouvoir ce que
leurs frères ne peuvent.
Et si l'on accorde
à ceux qui ont vécu
plus délicatement
avant d'entrer au
monastère, en fait
d'aliments, de vêtements
et de couvertures,
ce qui n'est point
accordé aux autres
qui sont plus forts
et par conséquent
plus heureux, ceux-ci
doivent penser combien
les premiers ont quitté
de la vie qu'ils menaient
dans le monde, quoiqu'ils
ne soient point encore
parvenus à l'austérité
des autres qui sont
d'une santé
plus forte ; et tous
ne doivent pas réclamer
ce qu'on accorde à
quelques-uns pour
les soutenir et non
pour les distinguer;
de peur que, par un
renversement détestable,
les pauvres ne s'habituent
à la délicatesse,
dans un monastère
où, selon leurs forces,
les riches s'accoutument
au travail. De même
que les malades doivent
prendre moins pour
n'être pas accablés,
les convalescents
doivent être traités
de manière à être
au plus tôt rétablis,
fussent-ils sortis
de la dernière indigence
: comme si la maladie
venait de leur causer
la faiblesse laissée
aux riches par leurs
habitudes premières.
Mais après avoir réparé
leurs forces, qu'ils
reviennent à leur
ancien genre de vie,
plus heureux et d'autant
plus convenable aux
serviteurs de Dieu,
qu'ils y éprouvent
moins de besoins;
que la sensualité
ne les retienne pas,
après leur rétablissement,
à ce qu'avait exigé
d'eux la faiblesse.
Qu'on regarde comme
plus riches ceux qui
sont plus capables
de soutenir une vie
austère; mieux vaut
avoir moins de besoins
que de posséder davantage.
Haut
du document
DE
L'EXTÉRIEUR.
6.
Que votre extérieur
n'ait rien de singulier;
ne cherchez point
à plaire par vos vêtements,
mais par vos vertus.
Quand vous sortez,
marchez ensemble;
quand vous êtes arrivés,
demeurez ensemble.
Que dans votre démarche,
votre contenance,
votre air et tous
vos gestes il n'y
ait rien qui blesse
la vue de personne,
mais que tout convienne
à la sainteté de votre
état. Si vos yeux
se jettent sur quelque
femme, qu'ils ne se
fixent sur aucune;
il ne vous est pas
défendu, quand vous
sortez, d'apercevoir
des femmes, mais il
est mal de les rechercher
ou de vouloir en être
recherchés. Par les
regards aussi bien
que par l'attachement
et l'affection secrètes
, l'amour impur provoque
comme il est provoqué.
Ne dites pas que vos
âmes sont chastes
lorsque vos regards
ne le sont pas: un
oeil sans pudeur annonce
un coeur souillé.
Quand des coeurs passionnés
se parlent non-seulement
de la langue, mais
du seul regard; quand
ils se plaisent dans
une ardeur réciproque
et charnelle, le corps
peut (589) demeurer
intact, mais l'âme
a perdu sa chasteté.
Celui qui fixe le
regard sur une femme
et qui provoque le
sien, ne doit pas
croire qu'alors il
n'est vu de personne
; il est vu certainement
et de ceux mêmes
qu'il ne soupçonne
pas. Mais fût-il
dans l'ombre , et
inaperçu d'aucun
homme, oublie-t-il
au-dessus de lui cet
oeil vigilant à
qui rien ne peut échapper?
Peut-il croire qu'il
ne voit point, parce
que sa patience qui
tolère est
infinie comme sa sagesse
qui découvre
? Qu'un homme consacré
à Dieu craigne donc
de lui déplaire, plutôt
que de vouloir plaire
criminellement à une
femme. Qu'il se rappelle
que Dieu voit tout,
plutôt que de chercher
à voir criminellement
une femme. Ici particulièrement
la crainte de Dieu
nous est recommandée,
car il est écrit:
« Celui qui fixe ses
regards est une abomination
au Seigneur (1). »
Quand donc vous êtes
réunis à l'église
et partout où sont
des femmes, gardez
mutuellement votre
pudeur, car Dieu qui
habite en vous vous
préservera ainsi de
vous-mêmes.
Haut
du document
CORRECTION
FRATERNELLE.
7.
Et si dans quelqu'un
de vos frères vous
remarquez ce regard
immodeste dont je
parle, avertissez-le
de suite, afin que
sa faute ne se prolonge
point, mais qu'il
s'en corrige au plus
tôt. Si, après votre
avis, et en quelque
jour que ce soit,
vous le voyez retomber,
celui qui aura pu
l'observer doit le
découvrir comme un
blessé qu'il faut
guérir. Auparavant
néanmoins, on doit
le faire remarquer
à un autre , et même
à un troisième, afin
qu'il puisse être
convaincu par la déposition
de deux ou trois témoins
(2) et retenu par
une crainte salutaire.
Mais ne croyez pas
être malveillants
en le faisant connaître;
vous êtes coupables
au contraire quand
vous laissez périr
par votre silence
des frères que vous
pouvez corriger en
parlant.
Si
votre frère avait
au corps une blessure
qu'il voulût cacher
dans la crainte qu'on
n'y portât le fer,
ne serait-ce pas cruauté
de vous taire, et
bonté de parler? Combien
plus encore ne devez-vous
pas le découvrir pour
empêcher dans son
coeur des ravages
plus redoutables !
Toutefois si, après
avoir été averti,
il néglige de se corriger,
on doit, avant de
le faire comparaître
devant
ceux qui doivent le
convaincre s'il nie
, le signaler au supérieur,
dans la crainte qu'une
correction trop secrète
ne lui permette de
dissimuler devant
les autres. S'il nie
alors, appelez avec
vous d'autres témoins,
afin que devant tous
il puisse non pas
être accusé par un
seul, mais être convaincu
par deux ou trois.
Convaincu, il subira
pour son salut une
pénitence imposée
par le supérieur ou
même par le prêtre
qui en est chargé.
S'il la refuse, encore
que de lui-même il
ne sorte pas, qu'il
soit chassé du milieu
de vous. Agir ainsi
n'est pas cruauté,
c'est charité ; c'est
empêcher la contagion
de se répandre et
de faire de nombreuses
victimes. Or ce que
j'ai dit du regard
immodeste, vous l'observerez,
lorsqu'il s'agira
de toute autre faute
à découvrir, à empêcher,
à révéler, à prouver
et à punir, avec soin
et fidélité , avec
affection pour l'homme
et haine contre le
vice. Celui qui serait
perverti au point
de recevoir secrètement
des lettres ou des
présents d'une femme,
qu'on lui pardonne
et qu'on prie pour
lui, s'il confesse
Spontanément sa faute;
mais s'il est surpris
et convaincu, qu'il
soit corrigé plus
sévèrement parle prêtre
ou le supérieur.
Haut
du document
N'AVOIR
RIEN EN PROPRE.
8.
Que vos vêtements
soient en commun ,
gardés par un ou deux,
ou autant d'entre
vous qu'il sera besoin
, pour les secouer
et les préserver de
la teigne; comme un
même cellier vous
donne la nourriture,
qu'un même vestiaire
conserve vos vêtements,
s'il est possible.
Ne vous inquiétez
point aux diverses
saisons de savoir
quel vêtement on vous
donne, si vous recevez
celui que vous avez
déposé ou celui qui
a été porté par un
autre , pourvu toutefois
qu'on accorde à chacun
ce qui lui est nécessaire.
Mais si à ce sujet,
il s'élève entre vous
des disputes et des
murmures, si l'un
se plaint de recevoir
moins qu'il n'avait
porté et d'être mis
au-dessous d'un autre
frère mieux vêtu,
jugez par là combien
vous manquent les
ornements intérieurs
de la sainteté , puisque
votre coeur dispute
pour les vêtements
du corps. Si cependant
on tolère votre faiblesse
au point de vous rendre
ce que vous aviez
quitté, déposez toutefois
vos vêtements dans
un même lieu et sous
une garde commune.
De même, que personne
ne fasse rien pour
soi ; en tout travaillez
pour la communauté
avec un zèle plus
ardent et une joie
plus vive, que si
(590) chacun travaillait
pour soi. Il est écrit
de la charité qu'elle
ne cherche pas ses
intérêts (1); c'est
qu'en effet sa nature
est de préférer le
bien public au bien
propre et non le bien
propre au bien public.
Sachez donc que vous
avez progressé d'autant
plus que vous soignez
mieux l'intérêt commun
que le vôtre. Ayez
soin qu'en tout ce
qui sert à la nécessité
qui passe prévale
la charité qui demeuré;
par conséquent lors
même que quelqu'un
apporte à ses enfants
ou à d'autres personnes
du monastère, avec
qui il est uni de
quelque manière, des
vêtements ou d'autres
objets nécessaires,
on ne doit pas les
recevoir en secret
; il faut que le supérieur
puisse les mettre
en commun et les distribuer
à qui en a besoin
; et si quelqu'un
cache ce qui lui a
été donné, qu'il soit
condamné comme coupable
de larcin.
Haut
du document
BAINS
ET AUTRES SOINS.
9.
Vos vêtements seront
lavés selon la volonté
du supérieur, ou par
vous ou par des foulons
; il ne faut pas que
par une recherche
excessive de la propreté
extérieure, votre
âme contracte des
souillures intérieures.
Qu'on ne refuse pas
le bain à celui qu'y
oblige l'exigence
de la maladie. Mais
sur l'avis du médecin
qu'on l'accorde sans
murmure, et même,
si le malade le refuse,
que par ordre du supérieur,
il fasse ce qu'exige
sa santé ; s'il venait
à le demander sans
qu'il lui fût utile,
qu'on ne suive pas
ses désirs, car ce
qui fait plaisir,
quelquefois on le
croit salutaire, quoiqu'il
soit nuisible. Quand
un serviteur de Dieu
dit qu'il souffre
intérieurement, qu'on
le croie sur parole;
mais si l'on doute
que ce qu'il demande
puisse le guérir,
on doit consulter
le médecin. Qu'on
n'aille pas au bain
ni partout où il est
nécessaire, moins
de deux ou trois ensemble;
et celui qui a besoin
d'aller quelque part
n'ira qu'avec ceux
que le supérieur lui
a donnés pour l'accompagner.
Le soin des malades
ou des convalescents
ou même de ceux qui,
sans fièvre, souffrent
de quelque infirmité,
doit être confié à
quelqu'un, qui demandera
au cellérier ce qu'il
croira nécessaire
à chacun. Ceux qui
sont chargés du cellier,
du vestiaire ou de
la bibliothèque serviront
tous les frères sans
murmure. Il y aura
chaque jour une heure
fixée pour demander
les livres . en dehors
de cette heure on
n'en donnera point.
Pour les
Haut
du document
EXCUSE
ET PARDON.
10.
N'ayez point de disputes
ou terminez-les au
plus tôt; que la colère
ne devienne pas de
la haine, le simple
fétu, une poutre énorme
et l'âme homicide;
car il est écrit .
« Celui qui hait son
frère est homicide
(1). » Quiconque
en outrageant, en
maudissant ou même
en imputant un crime,
a blessé quelqu'un,
doit s'empresser de
réparer au plus tôt
le mal qu'il a fait,
et celui qui a été
blessé pardonner sans
discussion. S'ils
se sont blessés mutuellement,
mutuellement ils doivent
se pardonner, comme
vous y obligent ces
prières que vous devez
faire d'autant plus
saintement que vous
les répétez plus souvent.
Mieux vaut celui qui
souvent tenté de colère,
s'empresse de demander
pardon à celui qu'il
reconnaît avoir offensé,
que cet autre qui
plus lent à se fâcher,
est aussi plus lent
à s'excuser. Celui
qui ne veut point
pardonner à son frère
ne doit pas espérer
d'être exaucé dans
sa prière, et celui
qui ne. veut jamais
demander pardon ou
qui ne le demande
pas sincèrement, n'a
aucune raison de demeurer
dans le monastère,
quoiqu'on ne l'en
chasse pas. Evitez
donc entre vous les
paroles amères, et
s'il en échappe à
votre bouche, que
votre bouche s'empresse
de guérir la blessure
qu'elle a faite. Quand,
pour la correction
des murs, la
nécessité de la règle
vous pousse à dire
des paroles dures,
eussiez-vous excédé
dans le mode, on n'exige
pas que vous demandiez
pardon à ceux qui
vous sont soumis,
dans la crainte qu'en
donnant trop à l'humilité,
vous ne rompiez auprès
d'eux le lien de l'autorité.
Vous devez néanmoins
demander pardon à
votre commun Maître
: il sait avec quelle
tendresse vous chérissez
ceux que vous avez
repris trop sévèrement
peut-être. L'amour
parmi vous ne doit
pas être charnel,
mais spirituel.
Haut
du document
DE
L'OBÉISSANCE AU SUPÉRIEUR.
11.
Obéissez à votre supérieur
comme à votre père,
obéissez surtout au
prêtre qui a soin
de vous tous. Faire
observer exactement
tous ces points, ne
rien laisser passer
négligemment,
591
mais
pourvoir à l'amendement
et à la correction,
tel doit être le soin
principal du supérieur,
et dans les cas qui
surpassent son pouvoir
ou ses forces, il
s'adressera au prêtre,
dont l'autorité est
plus grande parmi
vous. Que celui qui
est à votre tète ne
mette pas son bonheur
à dominer par l'autorité,
mais à servir par
la charité. Que les
honneurs l'élèvent
devant vous; mais
que la crainte le
tienne devant Dieu
abaissé sous vos pieds;
qu'il se montre envers
tous un modèle de
vertus'; qu'il corrige
les indociles, console
les pusillanimes,
soutienne les infirmes,
soit patient envers
tous,; qu'il se soumette
volontiers à la règle
et la fasse observer
avec crainte. L'un
et l'autre est nécessaire;
néanmoins, il cherchera
plus à se faire aimer
que craindre, toujours
occupé de la pensée
qu'il doit rendre
à Dieu compte de chacun
de vous. C'est pourquoi,
en vous empressant
de lui obéir, ayez
pitié non-seulement
de vous mais de lui;
car, plus il
est
élevé au milieu de
vous, plus est grand
le danger où il est
exposé.
Haut
du document
OBSERVER
LA RÈGLE ET LA LIRE
SOUVENT.
12.
Que le Seigneur vous
accorde d'observer
tous ces points, comme
des hommes qui, remplis
d'amour pour la beauté
spirituelle, répandent,
parla sainteté de
leur vie, la bonne
odeur de Jésus-Christ;
non point comme des
esclaves sous le joug
de la loi, mais comme
des hommes libres
sous l'influence de
la grâce. Or, afin
que vous puissiez
vous regarder dans
ce petit livre comme
dans un miroir, et
que, par oubli, vous
n'en négligiez rien,
on vous le lira une
fois par semaine.
Quand vous vous trouverez
fidèles à pratiquer
ce qui est écrit,
rendez grâces au Seigneur,
le dispensateur de
tous biens; quand,
au contraire, vous
observerez des manquements,
gémissez du passé,
prenez vos précautions
pour l'avenir, demandez
pardon de vos fautes
et la grâce de ne
plus succomber à la
tentation. Ainsi soit-il.
(1)
Traduction de M. l'abbé
RAULX.
Haut
du document